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03 mai 2017
E.M. ? Et Merde !

Les premiers responsables du désastre qui s’annonce ne sont pas les abstentionnistes. Les premiers responsables sont les membres des gouvernements successifs qui ont pensé et appliqué une politique économique désastreuse tout en avançant la nécessité de le faire au « nom de la France ». Et, au nom de cette même France, de détricoter l’héritage social du Conseil National de la Résistance.

« La France est partagée en deux », la petite ritournelle de ces temps-ci est, à l’instar du couplet sur cette France qui ne se réformerait pas, fondée sur une dialectique totalement fausse. Si 45,31 % des suffrages se sont exprimés en faveur de Macron (24,01 %) et Le Pen (21,3%), cela ne suffit pas à affirmer que la France est coupée en deux. Bien que ces deux candidats sont bien loin d’atteindre la majorité des suffrages exprimés, la ritournelle s’installe. Elle s’installe d’autant plus frauduleusement qu’à l’ensemble des votants, il faille distinguer les votes blancs pour les ajouter aux abstentionnistes, aux radiés des listes électorales et les non-inscrits. N’empêche… La France est coupée en deux, nous dit-on.
« Voter contre Le Pen en votant Macron, ce n’est pas voter pour le programme de ce dernier » nous livre ici Mr Plenel. Pourtant, « ce dernier », fort de ses 24,01 %, ne souhaite point faire de concession dans son programme : « J'ai entendu ces derniers jours les appels à changer le programme, à dire « faites une concession, rassemblez en oubliant la réforme du travail ». Je ne le ferai pas pour deux raisons : les Françaises et les Français se sont exprimés et ont choisi le projet qui porte ces réformes. Je ne vais pas les trahir. Et je veux, demain, pouvoir agir. » Ce faisant, il annonce la couleur. Il nous faudra faire face à sa psychorigidité et son égocentrisme surdimensionné. Et psychorigidité couplée d’un égocentrisme surdimensionné, on imagine ce que cela donnera quand E.M. nous enverra la Compagnie dite Républicaine de Sécurité à la première manifestation.
« Voter contre Le Pen en votant Macron, ce n’est pas voter pour le programme de ce dernier ». Dès lors, à quoi sert-il de voter, sachant que Macron croît que « les Françaises et les Français [qui] se sont exprimés ont choisi le projet qui porte ces réformes. » ?
Par ailleurs, de quelles réformes parle-t-il ? Des réformes libérales, encore libérales, toujours libérales. La Révolution(1) En Marche, rien qu’une imposture donc.
Mais, à dire vrai, si les battements de mon cœur et la tension de mes artères augmentent, ce n’est pas à cause de l’imposture macronique tant elle est visible, non. C’est d’entendre ou de lire que voter Macron c’est « défendre la démocratie comme espace conflictuel, traversé d’intérêts divergents (...) où peuvent s’exprimer librement ses contradictions y compris face aux politiques d’une présidence Macron. » Comment peut-on le croire encore ? L’oligarque ne tiendra compte, dans l’espace conflictuel mentionné, que de la capacité d’intervention (comprendre obéissance) des représentants de l’ordre établi et de l’oligarchie en place. Le libéralisme est à l’économie ce que notre Ve République est à la démocratie, une tartuferie.
Aussi, quoi faire ?
Je n’en sais rien. Voter Le Pen ? Non. Assurément non. Voter Macron ? Je n’ai pas combattu les lois dites Macron, El Khomri, le CICE, la réforme des retraites du 20 janvier 2014, pour soutenir par la suite l’un de leurs plus actifs ordonnateurs. C’est ne pas envisager le pire, me répliquerait-on. Mais le pire, n’y est-on pas ? La dictature de l’argent n’est pas une chimère. La médiocratie triomphante n’ont plus. Voter Macron… Et Merde ! Plutôt m’abstenir.

Cet article est paru sur Médiapart le 03 mai 2017. Il n'y était plus trois jours plus tard - soit le 6 mai. Nous avons donc cherché à joindre un responsable de la maintenance du site en question. Nous n'avons toujours pas reçu de réponse à ce jour.
Après avoir avoué "ne pas comprendre [notre] demande" le 12 mai dernier, et suite à notre résiliation d'abonnement en insistant, le 03 août, sur leur " ligne éditoriale manifestement macronique prise durant le second tour de l'élection présidentielle" laquelle, visiblement, les poussa à retirer de l'index de notre blog cet article, nous reçûmes le 07 août dernier l'explication suivante :

"Suite à un problème technique, votre article n'avait pas été indexé comme les autres sur votre blog. Nous avons fait le nécessaire et il est dorénavant bien référencé dans votre blog.".

Malheureusement, entre le second tour de l'éléction présidentielle de 2017 et ce début de mois, notre article n'était pas disponible pour les abonnés de Mediapart. Nous avons donc résilié notre abonnement (qui, entre parenthèses, remonte au 17/05/2009, autant dire que nous faisions partis des soutiens de la première heure...) au motif de ne plus adhérer au discours sur la participation des lecteurs.
Nous avons retiré le bandeau "Article censuré sur Médiapart" dès réception de leur réponse.