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15 avril 2017
Source Code, Réal. Duncan Jones

Code Source, une réussite cinématographique réalisée en 2011 par Duncan Jones. Pourquoi une réussite ? Outre l’inventivité de la SF qui, ces dernières années, flirte sur la vague romanesque induite par la mécanique quantique et les théories d’univers divergents, Code Source possède un épilogue allégorique assez dense et, par ailleurs, ne pose-t-il pas la question de la légitimité de la propriété d’un code source ?

Colter Stevens sursaute, se redresse, éberlué - où se trouve-t-il ? Dans un train. Devant lui, une inconnue. Visiblement, elle, le connaît. Qui est-elle ? Elle lui parle comme si leur relation était familière… Rien à faire, lui ne la reconnaît pas. Qu’est-ce qu’il fout là, dans ce train ? Ses derniers souvenirs resurgissent dont on ne sait où. Une mission de reconnaissance aérienne en Afghanistan. Un militaire, donc. Capitaine dans l’US Air Force. Ce qui, au passage, ne répond pas à la question principale. Il lui faut se reprendre. Et vite ! Il se lève, se dirige vers les commodités, ouvre la porte et la referme. Son propre reflet dans le miroir ! Putain, c’est qui ? Voyons la carte d’identité... Quoi ! Sean Fentress ? C’est qui lui ? Moi ? Vraiment ? La photo, le miroir, le miroir, la photo, l’aller-retour le confirme. Lui, c’est moi. Soudain, une déflagration. Le train s’embrase.
Colter Stevens sursaute, se redresse, éberlué – il se trouve dans une sorte de capsule métallique. Seul, coincé par un tableau de bord garni duquel surgit une voix… Celle de Colleen Goldwin. Elle lui apprend qu’il fait parti d’un programme expérimental qui répond au nom de « Code Source ». Objectif : intercepter le poseur de bombe, un terroriste qui n’en est qu’au prélude de son œuvre destructrice. Comment ? En projetant Colter Stevens dans le corps de Sean Fentress juste avant que ce dernier s’ajoute au nombre des nombreuses victimes de l’explosion du train. Le moyen : faire revivre à Steven les derniers instants de la victime inscrits dans sa mémoire rémanente afin qu’il puisse identifier l’auteur de l’attentat.
Dès lors que Steven comprend les tenants et aboutissants de l’opération, ses responsables le renverront revivre les mêmes instants – non sans lui avouer qu’il est artificiellement maintenu en vie après un accident d’hélicoptère en Afghanistan. Quant à la capsule, elle n’est qu’une projection de son esprit. Mais très vite la priorité de Stevens se heurtera à celle des responsables du projet Code Source.

Code Source flirte sur la vague romanesque induite par la mécanique quantique et les théories d’univers divergents – et ce n’est pas pour nous déplaire. Cependant l’originalité de ce film résulte non pas dans la découverte d’une réalité divergente mais bien dans sa création – ce qui, au passage, est le sens propre d’un code source. N’est-il pas un langage de programmation dont le navigateur a la charge de le traduire en mode graphique ?
Outre une dynamique qui aurait pu être cassée tant les scènes sont répétitives – relevons là les talents des acteurs et celui de Duncan Jones – l’épilogue ne pose-t-il pas la question de la légitimité de la priorité d’un code source ?

Le Cloud Gate sous lequel passe le couple virtuel est l’œuvre urbaine d’Anish Kapoor, un sculpteur britannique dont l’obsession artistique consiste à supprimer sa signature et toutes les traces de fabrication. Autrement dit, supprimer les coutures afin de parfaire au mieux cette œuvre qui n’est autre qu’une magnifique allégorie aux univers parallèles.
Aussi, comment ne pas souligner cette formidable réussite cinématographique, celle d’avoir braquer l’épilogue sur le Cloud Gate quand, justement, le code source de la réalité première est mutilé, recousu, décharné et branché de partout ?

Titre : Code Source
Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Ben Ripley
Avec : Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmiga et Jeffrey Wright
Production : The Mark Gordon Cie. & Vendôme Pictures
Genre : Science-fiction
Durée : 93 minutes
Sortie : Avril 2011 (Fr.)