28 janvier 2017
Par le feu, Tahar Ben Jelloun, Gallimard

Le père décédé, Mohamed se chargea du fardeau culturel dévoué aux aînés : nourrir sa famille. Et cela implique bien des changements. Encore que… Dans un pays où la corruption, la pauvreté et la résignation règnent, des plans de carrière, il n’y en a pas des masses. Malgré une licence en histoire, il ne trouva pas de travail. Ce n’est pourtant pas faute d’adhérer aux « Diplômés chômeurs » dont la plupart se font embaucher dans les mairies sans pour autant avoir du travail effectif. Les placards suffisent. Dès lors, pourquoi les payer ? Qu’ils se taisent ces diplômés chômeurs, c’est tout ce qu’on leur demande.

Mohammed décida de brûler ces diplômes qui jamais ne lui permettront de la quitter, cette misère qui toujours colle aux pauvres. Quoi faire maintenant, si ce n’est de marcher dans les pas de son père ? Ainsi poussa-t-il la charrette si nécessaire aux marchands ambulants au lieu d’enseigner l’histoire dans une salle de classe. Ce qui ravi les policiers locaux. Multiplier les interpellations afin d’accroître la pression reste le moyen le plus fiable pour racketter les marchands. Le comble, c’est que les marchands sont aussi pauvres que les racketteurs. C’est à croire que les pauvres ne s’aiment pas entre eux. Un court récit en hommage à Mohammed Bouazizi, ce jeune homme de 26 ans qui, parce qu’il s’est immolé par le feu devant une mairie le 17 décembre 2010, a déclenché la révolution de Jasmin en Tunisie. Tahar Ben Jelloun nous décrit si justement le quotidien d’un homme fort prompt à la résistance que la répression policière en devient insoutenable. C’est dire si notre monde aime le gâchis au moins autant que les autocrates.

Titre : Par le feu
Auteur : Tahar Ben Jelloum
Éditeur : Gallimard
Année de publication : février 2014