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16 juin 2016
La face cachée de l'anthologie

L'anthologie résulte d'un travail énorme. Mais c'est quoi, au juste, une anthologie ? Un produit éditorial commun ? Ou autre chose… Que se cache-t-il derrière ce mot savant ?
Un anthologiste, d'abord. Une anthologie, ensuite. À moins que cela ne soit l'inverse ! Aussi, de l'anthologie ou de l'anthologiste, qui donne naissance à l'autre ? Une question à marcher sur des œufs, ça.


De gauche à droite : André-François Ruaud, Meddy Ligner et Lionel Davoust - imaJn'ère 2016, photo © Kulturopat

Pour tenter d'y répondre, trois invités et non moins d'éminents anthologistes : André-François Ruaud, Meddy Ligner et Lionel Davoust. Tous menés par le chef d'orchestre de cette table ronde, Patrice Verry. Et tous vous diront que l'anthologie est avant tout un produit éditorial exigent. D'où un volume de travail important dont le but est de fournir au plus curieux des lecteurs, un voyage dans un multivers conçu par des nouvelles inédites d'auteurs – peu importe qu'ils soient professionnels ou amateurs d'ailleurs. Un voyage dont les étapes suivent un cahier des charges unique : être la vitrine d'une maison d'édition ou encore prendre la fonction d'un manifeste défendant un genre littéraire particulier.
Derrière l'anthologie, un voyage donc, dont le tour-opérateur est un anthologiste mue par la passion de la chose écrite, l'ambition professionnelle et/ou un projet éditorial neuf. À l'image d'un éditeur travaillant un catalogue de romans, l'anthologiste n'a-t-il pas un panel de nouvelles à présenter ? De surcroît, en matière de travail éditorial, l'anthologiste n'est pas en reste puisqu'il se doit de pousser les textes vers ce potentiel littéraire maximal qu'il a préalablement repéré. Car la recette est bien là : le travail éditorial. Il ne sert à rien d'avoir des chefs de files et des têtes d’aqueduc bien connus chez France Loisirs quand il s'agit d'accroître le panorama d'un genre littéraire et d'en montrer toute sa vitalité.
Enfin, sous le label Les Indés de l'Imaginaire, Les Moutons Électriques, Mnémos et ActuSF optent pour un projet novateur – ce faisant, valorisent un genre encore trop peu connu en France, la nouvelle.