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27 mars 2016
Candice, illustratrice à la Marge

Candice Roger expose à la Marge (Angers), du 1er au 30 avril 2016, juste après avoir présenté son œuvre au Centre Vincent Malandrin (les Ponts-de-Cé, 49). Une belle occasion, pour nous, de la rencontrer.


Candice Roger, Centre Vincent Malandrin, Ponts-de-Cé (49), mars 2016.

Jeune femme brune qui se plaît à dire qu'elle n'a pas « fait » l'École des Beaux-Arts, elle a toutefois suivi des cours sur l'histoire de l'Art et sur le Marché de l'Art afin de devenir commissaire priseur. Or, l'aspect commercial ne lui convenait pas, Candice a alors réinvesti la pratique du dessin en veillant à ce qu'il soit accessible pour le visiteur – car, depuis ce choix, elle expose tout autant qu'elle illustre des recueils de nouvelles fantastiques. N'y allez pas pour trouver un message politique ou une critique sociale, elle laisse place à l'interprétation de chacun plutôt que d'« imposer » ses points de vue. Plaçant ainsi son dessin comme un miroir dans lequel chacun voit ce qu'il veut. D'où la question suivante : qui donc est Candice ?
Pour tenter de répondre à cette question, il faut révéler les si peu d'éléments constitutifs de sa personnalité qu'elle a bien voulu nous livrer.
Candice dessine depuis toute petite. Elle « prend ses racines dans le dessin » dit-elle par ailleurs. Mais lesquelles ? Une obsession mérite d'être citée ici, celle de dessiner des traîneaux d'esquimaux tirés par un maximum de chiens. Et oui, c'est l'animal qui faisait avancer l'homme avant que les chevaux soient irrémédiablement remplacés par le cheval-vapeur. Depuis, nous marchons sur la tête. D'où son attirance pour les œuvres de Claude Serre, illustrateur bête et méchant et primé de l'Humour Noir. Qui mieux qu'un illustrateur peut dire au monde que le singe est devenu con ?
L’œuvre de Candice est donc en construction. Très peu de couleur (tant mieux !), teinté d'un surréalisme appris au lycée et des Contes de la Crypte inspirés par les histoires d'Edgard Allan Poe, Lovecraft et Bradbury. Elle doit encore conjuguer son impatience avec un côté perfectionniste. Pas facile de tourner la page, donc. De trouver le titre du dessin avant de le jeter sur papier doit la canaliser un brin. Le final, à vous de le voir.

Candice Roger, à la Marge, Angers, du 1er au 30 avril 2016.