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19 juillet 2015
La littérature populaire, un vecteur d'idées politiques ?

La littérature populaire est-elle un vecteur d'idées politiques ? Pour en débattre, Ludovic Albar et Sylvie Denis, auteur sf passionnés et passionnant Pierre Marie Soncarrieu, sociétaire fougueux d'imaJn'ère.


Crédit photo : A.C.

Si les romans de la littérature populaire véhiculent des idées politiques, pour Ludovic Albar, elles ne reflètent pas systématiquement une prise de position défendue par l'auteur. Les personnages finissent toujours par lui échapper, comme nous l'a déjà fait remarquer Lise Tyffaneau-Midy dans un précédent débat. Ainsi peuvent-ils prendre des positions contraires à celles de leurs créateurs.
Toutefois, lorsqu'un personnage se trouve dans une situation critique, voire dramatique, ce dernier peut utiliser des moyens répréhensibles par la loi ou la bonne morale de notre époque - rappelant par-là, qu'un choix pris dans un contexte particulier et/ou un espace-temps donné, serait inacceptable dans un autre. Le bien - comme le mal - n'étant relatif qu'au contexte socioculturel dans lequel le récit se déroule.
Pour Sylvie Denis, la science-fiction est un genre éminemment politique. L'auteur, quel qu'il soit, a inévitablement un point de vue sur le monde contemporain dans lequel il vit. D'ailleurs, ne l'extrapole-t-il pas pour écrire ses romans ? La sf prend donc ses racines davantage dans une réalité présente qu'un imaginaire futuriste.
Par ailleurs, dit-elle, la plupart de ses personnages sont, comme on dit, en bas de l'échelle. Ce qui lui importe, c'est à la fois de montrer pourquoi ils en sont là et relever les influences sociales qui les maintiennent là, à leur place, au fond du trou. D'où - peut-être - cet aspect pédagogique que soutient tant Pierre Marie. Et on le comprend. Certes, les éditeurs veulent du chiffre, mais la littérature populaire, elle, se voudrait-elle aussi sociologique ?