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08 juillet 2015
Western, son évolution d'hier à aujourd'hui

Le western, loin d'être un sous-genre romanesque ou cinématographique, revient en force. Pour en savoir plus, trois cinéphiles passionnés débattent de son évolution, non sans la complicité librairistique de Jackie Hoareau, sociétaire d'imaJn'ère.


Crédit photo : A.C.

Première apparition publique d'Irène Maubreuil, auteur en pleine ascension depuis la parution de Ravageuse !, un western aquatique qui, dit-elle, s'est imposé de lui-même. Ainsi compare-t-elle le décor du western spaghetti, au sien. Le western ? Un ciel bleu, un buisson qui tourne et deux bonhommes suffisent à construire l'histoire... Tout cela peut aussi se dérouler sous l'océan. Pour preuve : un littoral assez informe, un oursin vide qui tourne, de plusieurs asiatiques troglodytes amphibies en guise d'indiens avec, par-ci par-là, des anguilles qui leurs tombent dessus... Voilà pour les éléments de décor. Quant à l'histoire : une fille, laissée pour morte est récupérée par lesdits asiatiques troglodytes amphibies, revient pour se venger de tous les salopards qui les lui ont brisées menues, menues. « C'est pas plus compliqué que cela. »
Invité pour sa connaissance historique de Billy the Kid et la publication de Goodbye Billy, Éditions Critic, Laurent Whale revient sur le décès controversé du Billy que tous connaissent aujourd'hui encore sous le nom de kid - autrement dit, gamin. Et ce Billy le Gamin dont la tête était mise à pris, fut tué par le shérif Pat Garrett, lequel voulait empocher la prime. Or, lors de l'identification du corps, le médecin chargé de l'affaire ne le reconnaît pas. Faut dire qu'il l'avait déjà soigné lorsqu'il avait reçu une balle de 44 dans la hanche. Un très bon thriller sur fond historique construit en trois parties indépendantes qui rend hommage singulier à Clive Cussler.
Directeur de production chez Angevine Production, Jean-François Guillou et son équipe ont tourné un long métrage - Sun and Blood - dans les anciens décors des westerns dits « spaghettis », lesquels, faut-il le dire, ont gagné leurs lettres de noblesse depuis que Sergio Léone ait été reconnu comme réalisateur à part entière - et que Tarantino s'en revendique comme un continuateur invétéré.
Une question s'impose : Pourquoi diable se passionner autant pour les décors de ces westerns ?
Parce qu'environs 600 films y ont été tournés dans les années 60-70, une production si vivante que parfois quatre films se partageaient les lieux en même temps. Une économie non négligeable pour PIB qui affrontait le premier choc pétrolier.
Aujourd'hui, une seule réalisation par an tend à entretenir des lieux saccagés par les plans économiques de la troïka européenne enfin bousculée par la démocratie grecque. Résultat : le sud de l'Espagne est devenu le jardin de l'Europe et, partout, ont poussé des serres plastiques qui empêchent de tourner la plupart des plans cinématographiques. Malgré le tournage de la saison 5 de Game of Thrones, l'économie culturelle locale peine à concurrencer celle de l'agriculture conventionnelle. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir rapporté un max de blé.