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06 juin 2015
Entretien avec Sébastien Gendron


Crédit photo : A.C.

Invité à la 6ème édition du Gavroche de Mûrs, Sébastien Gendron - auteur de romans policiers, concepteur du Petit laboratoire des potentialités globales et graphomane atteint de bavardise aigüe à vous déboiter les genoux - n'est pas autant schizophrénique qu'il nous le dit ici. Il aime seulement à se cacher derrière ses personnages pour dire ce qu'il a envie de défendre. C'est pourquoi il conçoit l'écriture comme un espace de liberté qui, ces temps-ci, tend à se réduire au motif de la raison sécuritaire.
Et de la sécurité, justement, il en est question dans L'homme à la voiture bleue, son premier roman Jeunesse. Bien qu'il utilise le même postulat que ses romans adultes - le paradoxe absurde - Sébastien Gendron la traite avec le plus grand sérieux. Comment ? En s'appuyant sur les conclusions d'une enquête anglo-saxonne stipulant que c'est bien la mise en place des caméras de surveillance qui suscite d'abord de la crainte chez les habitants d'une résidence sécurisée - et non pas les faits divers. La mise en scène d'un danger potentiel dans une société relativement pacifiée, voilà l'ennemi. Mais qui tire(nt) les ficelles ? Dans quel(s) but(s) ?
Par ailleurs, Sébastien, malheureux témoin de la situation critique des Éditions Baleine, reprises (en 2007) par Jean-François Platet, soulève un lièvre inconnu pour ceux qui ne fréquentent pas le microcosme de l'édition. La raison qui expliquerait la mauvaise santé de la plupart des petites maisons est - bien sûr - le manque d'oseille. Pourquoi ? Parce que les lecteurs lisent moins ? Parce que leur nombre est en chute libre ? Assurément, non. Sinon, comment expliquer la bonne santé financière d'Amazon et autres groupes d'éditions tels que Vivendi, Lagardère, Média-Participations, La Martinière Groupe, Galimard... Mais alors, d'où provient le schmilblick ? Le nerf de la guerre : le manque d'oseille. Celui qui permet aux éditeurs d'utiliser les services des diffuseurs - dont les plus gros ont été phagocytés par les groupes Vivendi, Lagardère, Média-Participations, La Martinière Groupe, Galimard...