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17 janvier 2015
Pour ceux qui n'aiment pas lire

Quoi de mieux, pour commencer cette chronique, que Ceux qui n’aiment pas lire, de Rachel Corenblit ?
Samuel souffre. Il n’aime pas lire. Ce qui insupporte sa mère à un point tel qu’elle interpelle chaque année la maîtresse, ou le maître, c’est selon… Et Pauline, la bibliothécaire – pas de raison qu’elle échappe aussi à ces détestables « Je vous préviens, mon fils n’aime pas lire ! ». Un livre qui, par son petit calibre, relève davantage de la nouvelle copieusement illustrée que du roman – ce qui, en soit, n’est pas une critique négative (nombre de nouvelles sont bien plus achevées que la plupart des romans édités chaque année). De surcroît, la narration à la 1ère personne du singulier plonge d’autant plus aisément le lecteur dans la peau du jeune Samuel que le style employé par l’auteur traduit la parole du gamin avec une rare efficacité. Enfin, l’histoire se truffe d’un humour assez cocasse. Aussi, le plaisir de le lire, malheureusement trop fugace, laisse à l’esprit un arrière-goût fort agréable.

Romain est passionné d’astronomie. Les planètes du système solaire, l’histoire de la conquête de la lune, tout ça il maîtrise. Il connait. Ce qu’il ne sait pas en revanche, c’est le nom de la maladie de sa sœur Justine, et ses dégâts directs et collatéraux.
Le cancer.
Ici, la lecture évolue entre insouciance et drame, entre savoir médical et passion de la vie. Dès les premières pages, j’ai pensé à Jostein Gaarder (Le Monde de Sophie, Le Mystère de la patience, mais surtout Dans un miroir obscur).
Outre l’affreuse tragédie que vit la famille, la passion de Romain pour les étoiles – à moins que cela soit une fuite de la réalité, une évasion vers un espace sidéral pour s'y perdre à jamais pour ne pas revenir – accapare tant ces pages que la philosophie gaarderienne ne peut passer inaperçue pour le plus grand bonheur du lecteur. L’enfer est sur terre. Mais d’ici, ne pouvons nous pas regarder les étoiles avec plaisir ? Et d’avoir la tête en l’air ne nous empêche guère de prendre la vie à bras le corps.
Avec philosophie.
Seul un Jean-Pierre Pernaut ou un Pujadas ne le peut, faute d’un cerveau aguerri à l’esprit critique. C’est pourquoi j’ai jeté la télé. Depuis, je lève le menton, ouvre grand les yeux et respire fort.

Titre : Ceux qui n'aiment pas lire
Auteur : Rachel Corenblit & Julie Colombet
Éditeur : Rouergue
Collection : Zig Zag
Année de publication : Mars 2011

Titre : Mon Vaisseau Te Mènera Jeudi Sur Un Nuage
Auteur : Marcus Malte & Pépito Lopez
Éditeur : Syros
Collection : Tempo
Année de publication : Janvier 2011