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31 octobre 2013
Christiane Collange à Juvardeil (49)

Christiane Collange, Ancienne rédactrice en chef de L'Express et chroniqueuse radio pour Europe 1, Télématin (ce qui, en soit, n'est pas une référence) et La Chaîne Info, était l'invitée d'honneur de la 5ème édition de Festilivres, Juvardeil (49).

L'un de ses premiers livres - une horreur ! - Madame et le management, Tchou, 1969, avançait l'idée affreuse qu'une femme devait importer les techniques managériales et du marketing dont on connait les conséquences désastreuses aujourd'hui, au sein... de sa famille. Autrement dit, considérer sa propre famille comme une SARL - voire une SA, si l'arbre généalogique le permettait. Une vision de la famille mise en scène de manière caricaturale dans une interview menée par André Bourin (ça ne s'invente pas), pour l'émission Le Fond et la forme, 1970.

La famille toujours. Dans Chers enfants, Fayard, 1987, elle dit ne pas connaître, à la maternité et à l'éducation des enfants, de « meilleure façon de trouver un sens à sa vie, une raison d'être né(e), une excuse à la mort. » Puis, Nous, les belles-mères, Fayard, 2001, inscrit définitivement la famille dans une vision bourgeoise de la société. Or, celle-ci ne porte pas exclusivement cette représentation traditionnelle basée sur la notion de propriété privée et - surtout - de sa transmission.
Aussi, n'est-il pas étonnant de la voir tirer des constats uniquement sur des familles traditionnelles à l'heure même où la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe est publiée au Journal officiel. Parce qu'elle ne fait que cela, Christiane, tirer des constats - vrais, par ailleurs , mais seulement sur un certain type de famille. Les autres, celles des quartiers populaires dans lesquelles elles ne sont et ne peuvent pas toujours être un lieu ressource, celles des couples homosexuels - car, oui ! ces couples soi-disant pas naturels, en ont, des enfants. Et les familles monoparentales... Christiane ! tu déconnes plein pot-là, tu omets de ton diagnostique la famille monoparentale ! Je sais... ce n'est pas le sujet, me diras-tu. Ton cheval de bataille à toi, cavale sur les hippodromes fréquentés par les dynasties du CAC 40.
Enfin, ce diagnostique inachevé, car fort partiel, ne se risque guère dans une perspective d'avenir. Certes, la revendication de l'autonomie des vieux sera d'ici peu un enjeu social important. Cependant, ils ne le seront plus, autonomes, ces vieux ; et il va bien falloir le leur dire un jour. La question n'est donc pas là. Elle s'articulerait plutôt de la manière suivante : Qui va payer les frais de nos vieux qui ne sont plus autonomes ? Pas de perspective audacieuse donc.
Aussi, le Kulturopat ose compenser cette carence de la manière usée par Christiane Collange - à savoir, généraliser systématiquement une situation personnelle. J'ai, parmi mes collègues, un homme qui, en se mariant, vient de prendre le nom de... sa femme. Se faisant, le voici confronté à des problèmes administratifs assez inattendus induits par son nouvel état civil. Où inscrire son nom d'époux ? Et quel sera le nom de son prochain enfant ? Celui du couple ? Mais alors il aura un nom différent de celui de son frère né avant le mariage... quoique pourvus des mêmes parents. M'est avis que d'ici quelques années, le nom d'époux sera inscrit sur tous les papiers d'identité. Vous cherchez un métier d'avenir ? Généalogiste, pour sûr.