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23 août 2013
Montségur, de l'envol à la chute


Montségur, de l’envol à la chute est le premier film-documentaire sur
l'Histoire de la vie des cathares et du siège à Montségur.

Montségur, haut lieu de l'Occitanie. Jadis, le pog éponyme, dont le sommet culmine à 1207 m. d'altitude, a accueilli durant quarante ans un village. L'absence de clocher en parachevait son originalité. Ici, pas moins de 600 habitants ont tant fait pour vivre selon leur idéal chrétien qu'il est devenu la capitale non pas du christianisme, mais du catharisme. Car, oui ! les cathares étaient chrétiens. Et cet énième rameau du christianisme a, si j'ose dire, bien brûlé. Pourquoi ? Demandez-le aux vainqueurs. Aux croisés. À Innocent III, un pape catholique aussi innocent qu'un tube d'arsenic. À peine avait-il « exposé en proie » le comté de Toulouse que des petits seigneurs du Nord de la France, fort motivés à faire fortune au grand dam des féodaux du midi, ont répondu à l'appel. Du reste, nombre d'entres-eux vont, suite aux pillages, devenir de puissantes familles et, pouvoir délicieux accordé seulement aux victorieux, se voir confirmer leurs butins par simple rédaction d'une chartre (1).

Fondée sur un dualisme parfait - le bon Dieu et le Dieu mauvais - le catharisme opposait au monde réel, matériel, celui du mauvais Dieu, un monde irréel, immatériel, le bon Dieu. Et on les comprend ! Leur quotidien n'était-il pas fait de guerres, de famines, de maladies ? Le monde d'ici-bas ne pouvait être l'œuvre de Dieu. Impossible ! Mais celui du diable, forcément. Pour un cathare, notre monde était tout bonnement l'Enfer, et son corps, une prison. Voilà pourquoi les prédicateurs cathares ne procréaient guère et refusaient le mariage, lequel (comme le braille si fort Henri Guaino et sa clique) avait la procréation pour but. Non pas que je donne raison auxdits brailleurs, mais dis seulement que cette idée s'ancre fort bien dans l'époque médiévale...
Puisque l'Enfer se vivait ici-bas, pourquoi vivre alors ? Pour, nous dit Olivier de Robert, compteur et historien, dans Montségur, De l'envol à la chute, atteindre la pureté évangélique, seul moyen de gagner le Père Saint. Aussi, perchés sur le pog, les cathares vivaient dans la simplicité, loin des fastes de l'Église, sans même pratiquer le culte des reliques. Et si jamais cette quête du bonheur simple, parfait, s'entrave par trop de richesses matérielles au détriment de l'autre, cette personne-là est condamnée à retourner en Enfer. L'Enfer de notre monde. Les cathares croyaient donc à la réincarnation. Voilà pourquoi ils ne tuaient n'y ne mangeaient d'animaux, des fois qu'un parent se serait réincarné en un broutard. D'où ce premier paradoxe : les croisés catholiques, venus pour éradiquer les hérétiques qui, par conviction religieuse, ne prendront pas les armes pour leur faire face, affronteront d'autres catholiques non cathares, lesquels défendront les membres - cathares, eux - de leurs familles. Et, puisqu'un seul paradoxe n'est jamais suffisant, les cathares qui jamais n'ont tué un seul croisé se verront prier de grimper sur le bûcher alors que les gens d'armes et chevaliers catholiques qui, eux, ont chèrement défendu le castrum, seront libres de partir à l'issu de la bataille - non sans témoigner devant le tribunal de l'Inquisition.
Mais ce n'est pas tout...
Montségur rasé, les croisés reconstruisent sur les pierres encore fumantes, une forteresse, symbole gras de l'autorité royale. Innocent III ne voulait-il pas éradiquer l'hérésie cathare ? Belle ironie que son tribunal de l'Inquisition se soit fait le gardien de la mémoire des cathares via les 7000 témoignages des survivants.

Montségur est aujourd'hui synonyme de croisade contre les albigeois, de bûcher et du château en ruine, comme échoué au sommet. Or, ce dernier n'est pas l'ouvrage des cathares. Montségur, De l'envol à la chute, retrace cette période tragique, criminelle, de l'histoire. Un DVD dont la reconstitution du castrum revèle un important travail de recherche effectué par les archéologues, les historiens et, foutre bleu, chapeau ! à Tristan Bergerot, réalisateur et spécialiste de cette magnifique restitution 3D que vous trouverez notamment au musée de Montségur.
Y grimper à la manière de Frison-Roche, pour, une fois là-haut, prendre vingt photos du château sinistré, puis, tel un bêlier bien bourrin, redescendre fissa relève de l'ânerie - quoiqu'un baudet la monte sans problème, la pente raide du sentier. « Les pierres seules, ça ne suffit pas ! ai-je entendu dire, là-haut. Les pierres seules, ça ne suffit pas ! »

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(1) Rédigés à Pamiers en décembre 1212, ces statuts établissent définitivement les chevaliers croisés dans les terres confisqués et, désormais contrôlées par Simon IV de Montfort (le 4ème donc, une belle crise d'identité qui nous a fait, celui-là).