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19 janvier 2013
Saunière, mon trésor...

Du saccage de Delphes et la mise à sac de son temple d’abord, à la piste de l’or de Toulouse ensuite, la quête du trésor de Saunière débute ici, entre mythe et réalité.

Un prologue à l’image d’une première croisade.
Sous l’autorité de Brennos (hellénisé ou latinisé en Brennus, du celte brenn, Chef de guerre) et d’Akichorios, des peuples celtes forment, en -280, une alliance pour mener campagne vers l’est. Cette Grande expédition, forte de 85 000 à 150 000 hommes (c’est selon les sources historiques…), marchera jusqu’à Delphes, laquelle aurait été mise à sac et son sanctuaire dédié à Apollon, dépouillé de ses trésors.

Tandis qu’une partie des peuples celtes, des Volques Tectosages, aurait rapporté le butin à Toulouse, une autre, à l’invitation de Nicomède 1er de Bithynie, franchit l’Hellespont pour combattre Antiochos 1er, roi séleucide. Un calcul militaire payant. Ainsi leur donnera-t-il des terres situées au sud de son royaume, sur les bords du Sangarius, en guise de récompense. Bientôt, ce peuple, les Galates, formeront une confédération d’états guerriers dont l’économie sera certes, basée sur l’élevage, mais surtout sur les razzias, les pillages et les rançons.

Seule trace dudit butin de Brenn : le pillage du temple de Toulouse (105 av. notre ère) commandité par le proconsul Quintus Servilius Caepio, alors envoyé en renfort, lui et son armée, en Gaule. C’est en chemin qu’il le mit à sac ; il y aurait découvert 150 000 livres en barre d’or, presque autant en argent – le trésor du pillage du Temple d’Apollon ? Or (si j’ose dire…), seules les barres d’argent arrivent à Rome. Selon la version officielle, des brigands auraient attaqué la caravane entre… Toulouse et Marseille. Est-ce pour cela que le proconsul fut déchu de sa magistrature, expulsé du Sénat, défait de sa citoyenneté romaine, condamné à payer 15 000 talents ainsi qu’à l’exil ? Assurément, non. Quintus Servilius Caepio, vite rejoint par le consul Mallius Maximus et son armée, devait enrayer l’avancé des Cimbres et leurs alliés Teutons (des guerriers celtes ou germaniques qui, sans doute, sévissaient un peu trop prêt de Rome). De toute évidence, Quintus et Mallius allaient les vaincre – d’où la vive dispute qui s’ensuivit. Encore que… M’est avis qu’il fut davantage question de distinction sociale, de lutte de castes, que d’une simple convoitise de butins facile à rafler. Quintus refusa de serrer les rangs avec ce Mallius qui n’était qu’un homme nouveau (de homo novus, expression latine de l’Antiquité désignant un citoyen dont aucun aïeul n’avait occupé une magistrature généralement attribué à la noblesse). Aussi les Cimbres et Teutons (lesquels n’ont rien à voir avec ceux de ma sœur) ont profité de cette division et écrasé les légions, le 06 octobre -105, à proximité d’Arausio (Orange). 80 000 légionnaires sont tués, les plus grandes pertes militaires depuis plus d’un siècle. Tous deux ont donc rejoint les exilés politiques à Smyrne (actuelle Izmir, Turquie).


Paul Jamin - Le Brenn et sa part de butin (1893)

Si jamais Quintus avait subtilisé une partie du trésor du temple d’Apollon de Delphes, pourquoi s’être entêté dans une mission militaire ? Mais surtout, pourquoi ne pas l’avoir emmené avec lui dans son exil à Smyrne ?