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31 décembre 2012
23h23, Pavillon A, Stéphane Beau

23h23, Pavillon A, un bourdonnement se fait entendre et – si tant est qu’il existe un lien de cause à effet – l’institution se trouve immédiatement plongée dans l’obscurité la plus absolue. Songeant d’abord à une panne d’électricité, Georges ne s’en inquiète pas davantage. Aussi, il s’endort-là, sur son lit, puisqu’il n’y avait rien de mieux à faire. Mais à son réveil, le courant n’est toujours pas rétabli – sales feignasses, ces surveillants ! Il se décide enfin à le bouger, son cul, pour se rendre dans le couloir. Un long couloir vide, froid, noir, qu’il longe à la lueur chiche d’une bougie.
Quelque chose cloche...
Ce silence… sans âme aucune. Cuirassé de son pyjama bleu-ciel, Georges pénètre à pas feutrés dans la chambre de Vincent toujours endormi. Il éclaire son visage de la bougie qu’il trimballe pour mieux s’adresser à lui. Lui, dont l’angoisse l’assaille dès qu’il se trouve confronté à l’inconnu. Là, il sursaute. Forcément. Vu les loustics en pension…
Il lui faut ses comprimés, vite ! Où sont-ils ? Par terre ! Georges éclaire le pied du lit : « Dites donc, c’est le bazar chez vous ! » Et, ensemble, ils patienteront le temps nécessaire à leur digestion, avant de se lancer dans la quête d’une explication. Un récit concentré en quatre-vingt deux pages qui laisse un arrière-goût agréable tant est fluide la plume de Stéphane Beau. Des personnages de plus en plus denses, bien campés dans leurs pyjamas, affronteront leurs folies du mieux qu’ils pourront.
L’un, motivé par les charmes de Marie, une autre pensionnaire, une survivante rencontrée lors d’une excursion, osera - Diantre ! - oui, il osera se frotter à la vie.
Tout comme Marie, du reste, libérée de ses chaînes qui l’empêchaient d’être elle-même, enfin.
Et Georges. Georges l’écrivain… Grand gagnant du prix Goncourt, le pourra-t-il, lui, accepter sa réussite ? Pour cela, il lui faudra, contre toute attente, affronter la réalité…

Sachant Stéphane Beau responsable de l’excellent Grognard – oui, c’est lui ! – revue inspirée par ses aimées de la fin du XIXe s. qu’ont été La Plume, Mercure de France, ou encore La Revue blanche, il n’est donc étonnant que 23h23, Pavillon A soit emprunt de philosophie livrée dans un très bel écrin par les Éditions du Petit Véhicule.

Titre : 23h23, Pavillon A
Auteur : Stéphane Beau
Éditeur : Les Éditions du Petit Véhicule
Année de publication : Août 2011