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21 février 2010
Festival bd de Chalonnes-s/Loire (49)

Ce 23ème festival bd a été d’une richesse culturelle assez incroyable ! D’abord, parce que j’ai découvert le Pujadas qui sommeille en Jean-Hugues Villacampa, le fameux bouquiniste angevin - il interviewait à qui mieux mieux des bédéistes et autres illustrateurs invités par le staff du festival. Ensuite, parce que là ou j’ai enfin pu mettre un visage fin, pourvu d’une moustache plutôt drue de deux centimètres carrés, sur le patronyme d’Artikel Unbekannt, ce dernier a pu mettre sur le mien un visage rond, garni d’une grande intelligence joviale. Mais encore, parce qu’il y avait du beau monde.
De Philippe Caza, entre autre, l’invité d’honneur, je n’en dirais rien. Pourquoi ? Trop de choses à dire. Un prochain papier sera entièrement consacré à son œuvre Le Monde d’Arkadi – le temps de lire les neuf volumes publiés chez Delcourt.
À dire vrai, je ne parlerai pas de tous les talents présents à ce festival (ce billet s’allongerait au-delà d’une bonne dizaine de feuillets qui ne serait lue par personne, car jugé trop longue. Je vais plutôt vous parler de… ATTENTION ! le mot tend à faire peur en ces temps de droiture extrême... Je vais vous parler de… découvertes. Car, voyez-vous, j’y ai fait quelques découvertes fort sympathiques. Mais je me rends compte qu’il m’est là encore impossible de vous en causer deux mots… Vous narrer l’histoire de la fabuleuse revue Bifrost m’obligerait à soutenir votre attention sur un nombre de page incalculable. Toujours est-il que Bifrost n’est absolument pas, pour le lecteur sf averti, une découverte. Mais celle-ci était représentée par l’illustrateur Jubo qui, incroyablement seul, chopait des escarres à faire peur sur des fesses impatientes de faire connaissance avec des… lecteurs avides du genre. Or, personne ne venait… Jubo – son stand du moins, demeurait vide. Ce qui tranchait avec son voisin Brucero dont la file s’allongeait à en perdre la tête… Mais diable ! qu’a-t-il ce Jubo de si peu orthodoxe pour que personne ne s’intéresse à son travail ?

Je m’avance, pas trop bousculé par des fans qui s’épuisent à se donner une consistance à défaut de n’être que ce qu’ils sont : des clients dans une file d’attente – et vois, çà et là, du Bifrost, du fanzine, du prosine, de l’illustration originale, de la carte postale et même un carnet de croquis sur lequel s’active son propriétaire.
Cela faisait bien trois quatre minutes que mon attention était soutenue par la grande qualité de l’esquisse. « Bonjour » a-t’il fini par concéder. « Bonjour » dis-je alors. Et voilà qu’une conversation, d’abord timide, s’amorça pour durer… une bonne heure ! Faut dire que, derrière, les clients, y en avait pas. On avait le temps. Et on l’a pris.

Jubo est un ancien libraire, me dit-il, sans formation graphique non plus – un passionné, quoi. Depuis 2007, il s’est lancé dans un chantier monumental ! Cap Sur Gandahar, une adaptation bd du roman du même nom écrit par Jean-Pierre Andrevon. Bonjour le turbin !
Il illustre aussi des nouvelles publiées chez Nocturne et Brins d’Eternité.
Nocturne, un fanzine canadien de 64 pages voué « à la culture de l’horreur sous toutes ses formes ». Son prix : 6 euros. L’abonnement annuel : 20 euros frais postaux compris. Ah ! j’oubliais… Nocturne est un trimestriel dirigé par des fanatiques qui ne paient pas ses collaborateurs. Un esclavage modéré toutefois, car ses derniers reçoivent le numéro auquel ils ont participé et conservent tous leurs droits sur les œuvres publiées. Bref ! un vrai fanzine.
Une particularité quand même, la piètre qualité de leur publication semble leur marque de fabrique. Et moi, j’aime bien.
Brins d’Eternité, un très beau prozine dédié à la littérature de l’imaginaire. Là, je tiens une piste pour une prochaine chronique dans La Tête dans les ÉtoilesBrins d’Eternité reçoit des subventions de l’Association Etudiante modulaire d’études littéraires (AEMEL), de l’Association Facultaire des Etudiants en Art (AFEA) et, enfin, de l’Association des Etudiants aux Cycles Supérieurs en Etudes Littéraires (AECSEL) de l’UQAM. Autrement dit, du sponsor, y en a ! Et notre fanzine tout neuf pourrait peut-être suivre cet exemple.
. Brins d’Eternités disé-je, un trimestriel de 70 pages avec couverture cartonnée fondé par Mathieu Fortin en 2004. Soit une longévité de cinq années sans interruption. Petite particularité là encore, leur comité de lecture – selon Jubo – examine chacun des textes qui leur parviennent. Tous les textes qui leur parviennent ! Sans exception. Par ailleurs, il n’hésite pas à retourner à l’envoyeur leur critique et autres conseils. Pareil comportement dans l’Edition est si rare qu'il mérite d'être rapporter avec emphase.